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09/07/2007

Le Bois de Boulogne interdit ...

Le Bois de Boulogne interdit aux promeneurs par arrêté préfectoral

De la part d'un ami BCBG mais révolté...

Promenade au bois de Boulogne....

Les flâneries bucoliques, le long des sentes parfumées et calmes des bois parisiens « interdites» !

Jeudi 5 juillet 2007...18H00...Le ciel anthracite incite à la mélancolie en ce début d'été qui ressemble davantage à un triste automne...Enfin, il ne pleut pas...du moins pas encore. Un petit vent frais fait bruisser les feuilles des arbres du bois de Boulogne. Un automobiliste se gare avenue de la Reine puis décide de flâner dans le bois. Pour échapper à la rumeur de la circulation, il s'enfonce dans les sous-bois...où courent de jeunes lapereaux. Le malheureux ne sait pas qu'il vient de commettre un horrible délit.

Soudain, au détour d'un sentier, il aperçoit un groupe cycliste de trois policiers en tenue qui patrouillent sur une allée cavalière. Ils ont mis pied à terre et interpellent des promeneurs qui émergent des sentes ... A proximité, un homme immobile fixe, hébété, un document qu'il tient à deux mains. Mise modeste, rasage incertain, vieilles chaussures... il ne respire pas l'opulence. Un autre de ses semblables est en grande discussion avec deux des argousins. Lui aussi est gratifié d'un petit document...

Non, il ne s'agit pas d'une publicité sur les vertus de l'écologie tant à la mode, ni d'un plan du bois généreusement distribué aux égarés, pas plus que de l'annonce d'un gala au bénéfice des orphelins de la police ...il s'agit bel et bien de contraventions...et semble-t-il de 5e classe, avec comparution au tribunal...

Car il est interdit, encore faut-il le savoir, de se promener dans les sous-bois des bois de Boulogne et de Vincennes. Les promeneurs ne sont autorisés qu'à circuler dans les allées qui font plus de 3 mètres de large ou sont enduites d'un revêtement. Ces mesures auraient pour objet, dit-on, de protéger contre les chutes éventuelles d'arbres et surtout de lutter contre la prostitution.

Certes, on pouvait apercevoir, ci et là dans les taillis, certaines jeunes personnes d'allure féminine qui pouvaient donner l'impression de vivre de leurs charmes...et il n'est pas exclu que certains promeneurs, ne désiraient seulement, tel Chateaubriand, s'extasier devant les arbres grands comme des cathédrales...Mais, les amours tarifées ne constituent pas un délit.

Quoi qu'il en soit, ces pauvres bougres étaient affligés...et leur situation inspirait un sentiment d'injustice devant une nouvelle entrave aux libertés. Après les halls d'immeubles...les sentes des bois parisiens...

Comme il est vraisemblable...en y mettant un peu de bonne volonté... que depuis l'adoption en 2003 de la loi pour la sécurité intérieure (LSI ou Loi Sarkozy II), n'importe quelle jolie femme, trop bien maquillée et habillée de manière sexy, flânant en quête d'aventure dans un lieu public, pourrait « tomber » pour racolage passif, ce nouveau délit au contour incertain introduit à cette occasion dans le code pénal.

Jeudi 5 juillet 2007...18H00...Un ciel anthracite enveloppait la capitale sous une chape de plomb.

La chape de plomb de l'ordre moral n'envelopperait-elle pas la France insidieusement...

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