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30/05/2008

Trafic d'organes, l'horreur !

De terribles révélations dans le livre « The HUNT »  que vient de publier en Italie Carla del Ponte, l'ex-procureure en chef du Tribunal pénal international de La Haye pour la Yougoslavie.

En  attendant sa publication en France, voici des extraits de l’article de Julia Gorin paru dans B.I . n°132, mai 2008 (www.B-I-infos.com). Les révélations contenues dans ce livre sont un spectaculaire renversement du dogme de la culpabilité exclusive des Serbes et ne sont pas à la gloire de ce que devrait être notre civilisation européenne.

L’UCK SE LIVRAIT AU TRAFIC D’ORGANES HUMAINS SUR DES PRISONNIERS SERBES

Eh bien ! Peut-être pour la première fois de l'histoire, les grands médias ont estimé que le démembrement de la Serbie était un sujet à traiter. Plus exactement le démembrement de victimes serbes et non-serbes par nos amis et héros et l'UCK. Rappelez-vous les foules hurlant “UCK ! UCK ! UCK !” le mois dernier de Pristina et Tirana à Times Squa-re. Ci-dessous figure un exemple des activités de l'UCK qu'elles ap-plaudissaient. L'information est révélée dans le livre à paraître de Carla del Ponte : “The Hunt” (La chasse). Voici quelques commentaires, en commençant par celui d'Associated Press, que le International Herald Tribune et Fox News ont osé reproduire.

AP parle d’une macabre enquête 

Selon un communiqué de son bureau publié le 21 mars, le procureur serbe chargé des crimes de guerre examine des rapports concernant des douzaines de Serbes capturés par les rebelles au cours de la guerre du Kosovo et tués pour que leurs organes puissent être vendus. Le bureau du procureur a reçu des “comptes rendus officieux” d'enquêteurs du Tribunal pénal international de La Haye selon lesquels des douzaines de Serbes emprisonnés par les rebelles albanais du Kosovo ont été emmenés dans l'Albanie voisine en 1999 et ont été tués pour qu'on puisse extraire leurs organes et les vendre à des trafiquants internationaux.

Bruno Vekaric, le porte-parole du procureur serbe, a dit sur la radio B 92 que les enquêteurs serbes pour crimes de guerre avaient reçu leurs propres informations sur ces présumés trafics d'organes, sans en avoir assez pour poursuivre l'affaire en justice. Selon Vekaric, ils auraient aussi reçu des rapports évoquant des charniers en Albanie contenant les cadavres de victimes serbes. Les médias serbes ont rapporté que l'affaire a été révélée dans un livre écrit par l'ex-procureure Carla del Ponte, qui doit être publié en Italie le 3 avril. Selon l'agence Beta, qui a publié en serbe des extraits du livre, Del Ponte a dit que ses enquêteurs avaient été informés qu'environ 300 Serbes avait été massacrés pour ce trafic d'organes. Le compte rendu de Beta cite un passage du livre où Del Ponte précise qu'on a dit à ses enquêteurs que les prisonniers serbes avaient été emmenés dans des camps au nord de l'Albanie où les plus jeunes ont été sélectionnés et leurs organes vendus à l'étranger. Selon Beta, Del Ponte constate que les équipes chargées d'enquêter sur les crimes de guerre de l'Armée de libération rebelle du Kosovo n'ont pas pu constituer un dossier du trafic d'organes assez complet pour être présenté au tribunal.

Le rapport de l'agence Beta

Carla del Ponte, l'ex-chef procureure du Tribunal de La Haye , écrit dans son livre “The Hunt” que son bureau a appris, au cours des recherches faites sur les crimes de guerre commis par l'Armée de libération du Kosovo sur les Serbes et autres communautés ethniques, que les gens disparus en 1999 avaient été soumis à l'extraction chirurgicale de leurs reins et d'autres organes que des contrebandiers revendaient à des cliniques étrangères.

“Les victimes ont très probablement été kidnappées après le bombardement de l'OTAN, quand les forces internationales de paix étaient déjà déployées au Kosovo.” Même de hautes personnalités de l'UCK étaient impliquées dans cette opération de contrebande d'organes. Del Ponte l'écrit, mais ne donne pas leurs noms. Elle dit aussi qu'un groupe de journalistes “fiables” a dit aux enquêteurs et aux officiels de l'UNMIK qu'au cours de l'été 1999, des Al-banais du Kosovo ont emmené par camions, dans des camps. à Kukez et Tropja, au nord de l'Albanie, environ 300 non-Albanais kidnappés. Les prisonniers les plus jeunes et les plus sains étaient l'objet d'examens mé-dicaux et étaient détenus à Burel et dans le voisinage.

Dans une pièce utilisée comme salle d'opération, des chirurgiens ôtaient leurs organes aux victimes. Les organes étaient alors transportés, via l'aéroport de Rinas près de Tirana, jusqu'à des cliniques à l'étranger où des clients les achetaient. Un informateur a même affirmé avoir participé personnellement à une de ces livraisons à l'aéroport. Les victimes privées d'un rein étaient emprisonnées et tuées plus tard pour le prélèvement d'autres organes. “D'autres prisonniers dans les baraquements savaient ce qui allait leur arriver”, écrit Del Ponte. Parmi les prisonnières, il y avait des femmes du Kosovo, de l'Albanie, de la Russie et des ex-républiques yougoslaves. Deux informateurs ont affirmé avoir aidé à l'enterrement des victimes dans un cimetière voisin.

Un aperçu de la sinistre vérité : qu'est-il arrivé aux Serbes du Kosovo capturés par l'UCK ? Plus de 1.300 Serbes – en plus de ceux dont nous savons qu'ils ont été tués ou dont les restes ont été remis aux familles par l'UNMIK au cours des huit dernières années – figurent encore sur la liste des disparus. Dans certains cas, toute la famille a été kidnappée par l'UCK pendant la guerre de 1998-1999 ou après que les Nations Unies et l'OTAN aient pris le contrôle de l'administration et de la sécurité de la province du sud de la Serbie.

Indifférence internationale

Au cours des années, nous avons appris qu'un grand nombre de jeunes filles et femmes serbes kidnappées ont servi d'esclaves sexuels, enfermées dans les caves sombres et humides des propriétaires albanais de bars et de bordels, sans arrêt violées et battues, jusqu'à ce qu'elles soient considérées comme inutilisables et tuées comme des chiens. Il y a eu aussi des rapports dans les médias serbes sur les hommes et jeunes gens serbes forcés de travailler dans des mines privées dangereuses et illégales, mais aucune enquête n'a été effectuée par une UNMIK peu coopérative et une KFOR indifférente, et les familles des disparus de Kosovo-Métochie sont toujours sans nouvelles de leurs absents.

Aujourd'hui, le livre controversé de Carla del Ponte apporte de macabres précisions supplémentaires, en révélant pourquoi des hommes serbes ont été kidnappés au cours des dernières années dans toute la province du Kosovo et n'ont pas été tués sur le champ (l'exécution immédiate était le sort réservé à tous les non-Albanais, et surtout aux Serbes) : c'était parce qu'ils servaient de bétail à la récolte d'organes dans le cadre d'un trafic illégal de greffons humains.

Selon le journal Glas Javnosti, qui traite d'une des enquêtes avortées concernant le sort de 300 Serbes du Kosovo kidnappés et emmenés dans le nord de l'Albanie, Del Ponte dit que les jeunes gens capturés n'étaient pas battus et étaient bien nourris. On avait improvisé une salle d'opération dans une des maisons, où étaient prélevés les organes internes des garçons Serbes en bonne santé, à destination d'acheteurs étrangers. Les victimes auxquelles on n'avait ôté qu'un seul rein au cours du premier charcutage étaient recousues et remises en prison, maintenues en vie en attendant d'être tuées pour qu'on récupère un autre organe vital lorsque serait trouvé l'acheteur approprié. Selon Carla del Ponte, les Serbes enfermés dans cette monstrueuse écurie à la Josef Mengelé suppliaient qu'on les achève.

 Del Ponte décrit la province du Kosovo-Métochie sous le contrôle de l'UCK et de l'OTAN comme une terre sans loi ni institutions, une terre de querelles sanglantes, gouvernée par des voyous qui se présentaient comme les héros de la “souffrante population albanaise”. Elle dit que les officiels de l'UNMIK et de la KFOR , et même certains juges du tribunal de La Haye , craignaient pour leurs vies s'ils étaient impliqués dans les enquêtes sur les crimes de l'UCK et se sentaient menacés par “l'étendue du pouvoir albanais”. Dans son livre, elle dit que les investigations rares et espacées de l'UCK terroriste ont été les plus difficiles de son mandat de chef-procureure du TPIY, que ses enquêteurs étaient confrontés à des clans, des vendettas et des pressions politiques, et que “les policiers de Berne à Bru-xelles et jusqu'au Bronx” étaient bien au courant des insurmontables difficultés rencontrées dans les tentatives d'enquêter sur le crime organisé albanais.

Visite sur les lieux des crimes.

“Nous vérifions des rapports officieux que nous avons obtenus concernant deux camions transportant en 1999 des prisonniers serbes du Kosovo  en Albanie”, a dit le procureur serbe de crimes de guerre Vladimir Vukcevic. Il a précisé que des informations officieuses avaient été obtenues des enquêteurs du TPIY. Selon ces sources, il y a en Albanie des charniers non enregistrés de cadavres de Serbes massacrés. Selon lui, un groupe a été détenu dans des baraquements derrière une maison jaune quelques 20 km au sud de la ville albanaise de Burel. Une chambre de cette maison jaune, selon les journalistes, servait de salle d'opération où les médecins prélevaient les organes.

Le quotidien Vecerenje Novosti donne d'autres détails du livre, selon lesquels les enquêteurs de La Haye et de l'UNMIK, avec plusieurs journalistes accompagnés par un procureur albanais, se sont rendus dans la maison jaune en 2003. “Elle est maintenant blanche, écrit Del Ponte. Bien que les enquêteurs aient découvert des traces de peinture jaune, le propriétaire a nié l'avoir repeinte.” Dans le voisinage, les enquêteurs ont trouvé des bribes de gaze, des seringues usagées, des sacs en plastique de solutions “pétrifiés dans la boue”, des bouteilles de médicaments vides, y compris de produits de relaxation musculaire employés dans les interventions chirurgicales (Remercions l'incapacité albanaise à se débarrasser de ses déchets !). Dans la maison, ont été trouvées des traces de sang sur les murs et sur le sol d'une des chambres.. “Le propriétaire de la maison a fourni aux enquêteurs une série d'explications quant à l'origine des traces de sang, écrit Del Ponte. D'abord, il a dit que sa femme avait accouché dans cette chambre plusieurs an-nées auparavant. Mais quand la femme a dit dans son témoignage que tous ses enfants étaient nés ailleurs, il a déclaré que la famille se servait de cette chambre pour tuer les animaux en vue de la célébration des fêtes musulmanes.”

Quant au procureur albanais qui accompagnait le groupe, Carla del Ponte dit qu'à un moment donné, il s'est vanté d'avoir des cousins membres de l'UCK. “Il n'y a pas de tombes de Serbes ici, a-t-il déclaré. Mais si on a pris des Serbes de la frontière du Kosovo et on les a tués, on a bien fait.” Del Ponte écrit que les détectives ont dû abandonner l'affaire, la poursuite de l'enquête s'avérant “impossible”. 

L’aveu du “Premier ministre”

Les personnels de l'ONU craignaient pour leurs vies au Kosovo, et certains des juges du TPIY avaient peur des Albanais qui avaient soumis les Serbes à des exactions. C'est pourquoi très peu de cas de criminels de guerre albanais du Kosovo ont été poursuivis en justice, écrit Carla del Ponte. “Je suis sûre que certaines des hautes autorités de l'UNMIK et de la KFOR craignaient pour leurs vies et celles des membres de leurs missions, dit-elle. Je pense que certains des juges du tribunal avaient peur que les Albanais ne viennent les chercher.” Dans son livre, elle décrit sa rencontre avec l'actuel soi-disant Premier ministre du Kosovo, Hashim Thaci, le jour du 5e anniversaire du traité de paix de Dayton. Elle affirme que, assis à la table, Thaci lui a avoué que les Albanais avaient commis des atrocités. “Je l'ai regardé dans les yeux et je lui ai dit que j'avais lancé une investigation sur les crimes commis par les Albanais au Kosovo. Je n'ai pas dit un mot suggérant que je l'avais inclus dans mon accusation, mais il a conclu que je l'avais fait, et son visage est devenu de pierre.” Del Ponte note aussi que Hashim Thaci et Agim Ceku sont considérés par l'UNMIK et la KFOR comme “plus que dangereux pour les efforts de paix dans les Balkans”.

Un stupéfiant retournement

Si l'on a suivi les sessions du TPIY, on sera stupéfait de voir le retour de manivelle de ce tribunal attaché à la condamnation des Serbes. Et les révélations de Del Ponte ne sont que le sommet de l'iceberg. Quand nous avons charcuté la Yougoslavie , nous avons aussi charcuté des êtres vivants. Et alors que nous continuons à permettre la violence à l'encontre du peuple qui a été le second à le plus souffrir de la Seconde guerre mondiale (…)

Julia GORIN.

27/05/2008

Réponse au Maire de Paris / Conseil de Paris

Notre Think Tank "Attractivité de Paris" continue à défendre, en toute indépendance politique, son projet citoyen autour du Grand Paris; un small business act utile, une politique globale visant à mettre en synergie tous les élements constitutifs d'un développement attractif et générateurs d'emplois pour notre région. 

Voici la réponse de Valérie Sachs  membre de "Attractivité de Paris" et maintenant Conseillère de Paris (groupe Centre et Indépendants) à la communication du Maire sur l'innovation, la recherche et l'enseignement supérieur lors du Conseil de Paris du Lundi 26 Mai 2008

Monsieur le Maire,

Mes chers collègues,

Les familles politiques dont notre groupe est la synthèse libérale, centriste et européenne s’attachent depuis toujours à encourager Paris à développer une véritable ambition économique en phase avec le rythme de l’économie mondiale, et à créer un environnement attractif propice à attirer l’investissement et à retenir les ressources humaines, financières et technologiques. Quel rôle peut jouer la Ville de Paris pour promouvoir la recherche et l’innovation ?

I - Nous reconnaissons au maire d’une métropole internationale une force d’impulsion politique qui renforce considérablement ses compétences réelles. Nous saluons par exemple la démarche du Maire de New York dans la réforme de la place financière new-yorkaise. Il a réussi à faire la synthèse entre démocrates et républicains, entre la ville, l’administration fédérale et les élus des trois états impliqués, pour ne pas rajouter à la concurrence internationale une concurrence régionale.

La symbolique de proposer ce thème à l’ordre du jour après le logement, comme seconde priorité de la mandature, est forte et nous l’interprétons comme une réelle volonté politique du Maire de Paris d’afficher son ambition sans tabou, « avec audace ». Le hasard du calendrier nous oblige à entendre votre communication comme un écho à vos écrits et face à l’affirmation de votre humanisme libéral, nous ne pouvons que vous souhaiter, Monsieur le Maire, bienvenue parmi nous, bienvenue au groupe Centre, seul vrai refuge pour libéraux, humanistes et véritables européens !

Nous partageons votre constat de la montée en puissance des villes-mondes par rapport aux Etats. Nous partageons votre crainte de voir Paris décrocher par rapport aux autres métropoles mondiales. Nous aimons croire nous aussi que « la compétition économique est devenue celle de l’intelligence », que les fils conducteurs en seront la solidarité, la recherche d’une fraternité entre les hommes et les territoires. Mais les beaux concepts peuvent sonner creux face à la concurrence internationale que se livrent les métropoles entre elles.

Nous regrettons le manque de regard critique sur le bilan de la mandature passée, même si nous reconnaissons bien volontiers que de bonnes choses ont été initiées. Nous craignons une simple rationalisation des projets lancés, même si nous notons avec satisfaction votre engagement « de concentrer l’effort avec une stratégie volontariste qui place la Ville comme un acteur à part entière ».

Vous nous assurez que Paris s’engagera « au-delà de ses compétences institutionnelles et de ses limites territoriales ». Votre communication n’est elle pas prétexte à un positionnement où le Maire de Paris se taille un costume pré-présidentiel sur mesure ?

Monsieur le Maire, la stigmatisation du désengagement de l’Etat affaiblit toujours le discours. L’Etat, s’il se désengage, n’en a pas moins doté Paris d’atouts de poids. Dans le cadre de la loi sur la recherche votée en 2006, Paris dispose de réseaux en mathématiques, informatique, biologie, neurosciences, économie et du pôle de compétitivité mondial Finance Innovation.

La nomination d’un Secrétaire d’Etat chargé du développement de la Région Capitale assure que l’Etat assumera son rôle de « pilotage stratégique ». Christian Blanc annonce deux projets structurants : la création d’un cluster sur le plateau de Saclay et l’aménagement de la Plaine de France. Votre communication semble s’inscrire dans une logique parallèle voire alternative et nous craignons que Paris n’en souffre. Vos ambitions sont-elles compatibles ?

II –  Nous avons bien compris qu’il s’agit pour l’instant des grandes lignes d’un plan stratégique mais nous regrettons le peu d’innovation par rapport à la mandature précédente, sauf deux clusters Design  et Innovations urbaines qui au demeurant semblent prometteurs.

Le développement des trois axes choisis esquisse une économie parisienne de la recherche et innovation à nos yeux trop dirigiste, enfermée dans une architecture de projets qui se déclinent de haut en bas ; or l’innovation ne se décrète pas. La Ville se veut « opérateur », nous l’imaginons davantage en accompagnateur, en facilitateur. La méthode semble manquer de vision concertée entre tous les acteurs impliqués, et rien ne semble pouvoir modifier significativement le contexte économique parisien.

Vous prenez acte que « la nouvelle géographie du développement économique se constitue en un réseau qui dessert les centres névralgiques de la finance, de la recherche et des nouvelles technologies », et vous avez raison. Vous rappelez qu’au Etats-Unis une start-up lève dix fois plus de capitaux qu’en France. Mais vous n’en tirez pas toutes les conséquences.

Comment comptons-nous attirer les investissements de recherche dans nos universités parisiennes, sachant que les entreprises sont libres de puiser en Chine, en Inde, en Russie, que le Brésil ou Singapour offrent des réductions d’impôts à ceux qui investissent dans leurs universités ?

Comment allons-nous agir pour pallier le manque de financement en fonds propres qui nous prive d’emplois ? Soulignons l’avancée de la réforme de l’ISF qui permet d’échanger le montant à verser contre un investissement dans une PME.

Vous avez raison de vouloir faciliter l’amorçage des jeunes entreprises, encourager les incubateurs et les business angels. Mais pour avoir un meilleur impact, il faut en parallèle encourager la croissance de la gestion d’actifs à Paris. Toutes les études montrent que les investisseurs préfèrent détenir des actions d’entreprises installées à proximité. C’est là une chance considérable pour le Grand Paris et ses entreprises.

Il faut défendre la place financière parisienne qui est la clé de voûte de l’innovation. L’innovation, c’est un continuum entre recherche et développement, entre université et entreprise, entre politique industrielle et marchés financiers. Notre rôle politique est de faciliter ces interactions, de contribuer à la puissance de Paris, place financière. La prédominance de la City de Londres n’est pas une fatalité.

Permettez-moi une remarque : Warren Buffett, investisseur légendaire, était la semaine dernière en Europe pour faire son shopping, pour investir dans des entreprises familiales. Il a fait escale en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Suisse, mais pas à Paris. Qu’attendons- nous pour le faire citoyen d’honneur de la Ville  ?

Votre communication semble faire du problème social des étudiants la clé des questions de recherche et d’innovation, alors que l’enjeu nous semble ailleurs même si les problèmes des conditions de vie et du logement étudiant doivent être réglés. Vous conviendrez avec moi qu’en ce qui concerne la rénovation des locaux, la Ville de Paris ne fait que sa mission.

Je ne résiste pas à la tentation de proposer mon arrondissement pour accueillir les meilleurs chercheurs étrangers dans des « logements de prestige », je suis sûre que cette proposition aura l’accord de Claude Goasguen, député-maire, de Bernard Debré, député du XVIe nord et  de Jean-Yves Mano, votre adjoint.

Comment faire oublier le classement de Shanghai, favoriser la création de start-ups et le développement des entreprises existantes ? La loi sur l’autonomie des universités est un bon début. Nous voulons des pôles universitaires attractifs qui attirent les talents du monde entier et des entreprises dynamiques qui retiennent nos jeunes diplômés.

Nous avons tous conscience que les départements d’essaimage et les incubateurs universitaires sont des moteurs à la création des entreprises. Le Royaume-Uni compte un incubateur par université. 40% des sociétés de biotechnologie cotées à la bourse de Londres sont issues du cluster de Cambridge. C’est pourquoi nous partageons vos projets de cluster d’envergure mondiale, de financements à travers des partenariats public/privé, d’utilisation de la commande publique, outils dont nous-même vantions les mérites dans notre projet de « Small Business Act à la parisienne »

Nous devons encourager les professeurs et les chercheurs à s’impliquer dans les entreprises tout en poursuivant leur carrière universitaire. Nous pourrons alors attirer et retenir les meilleurs, assurés ainsi de voir leurs travaux valorisés par un retour financier pour eux comme pour leurs laboratoires. Nous recommandons d’associer sans cloisonnement de statuts ou de culture, chercheurs publics et privés, créateurs d’entreprises et investisseurs capables d’intervenir à chacun des stades de la création jusqu’à l’introduction en Bourse. Paris doit encourager les universités à vocation scientifique et technique à cohabiter avec nos écoles de management sur le principe du MIT de Boston.

En conclusion, nous retiendrons les trois mots de Jean-Louis Missika pour résumer votre communication : continuité, amplification, inflexion. Nous prenons acte qu’il s’agit d’un plan stratégique en cours de finalisation dont certains aspects clés ne sont pas tranchés. Nous nous interrogeons par exemple sur le montant et l’affectation de l’enveloppe d’un milliard d’euros, ou sur la façon dont s’articuleront les compétences de l’Agence de l’innovation par rapport à l’Agence de développement de Paris. Nous attendrons plus de détails pour nous prononcer sur le pôle Nord-Est, mais nous adhérons au principe de recomposition du paysage universitaire parisien. Nous souhaitons une évaluation systématique des projets prioritaires et des coûts de fonctionnement, une analyse des objectifs, des moyens, des résultats.

Le groupe « Centre et Indépendants » et moi-même sommes prêts à nous impliquer concrètement sur certains thèmes où nous pensons pouvoir apporter notre expertise. Nous entendons notre rôle d’opposition comme une force de proposition et de contrôle, une démarche critique mais positive.

Je vous remercie

Valérie Sachs (www.valeriesachs.fr)

Vice-Présidente de la Commission Développement économique et Affaires générales